Gradus ad Parnassum - Cours d'écriture musicale

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Unité 11.1 - Les accords altérés, l'accord de sixte augmentée



Nouvelle vidéo du chapitre 2, elle porte sur les accords altérés et plus précisément sur l'accord de sixte augmentée.

- 00:00 : introduction et précisions à propos de la notion d'intervalle et d'accord altérés ;
- 04:30 : présentation de la sixte augmentée, intervalle et accord ;
- 10:00 : l'accord de sixte augmentée: fonction ,réalisation , enchaînement ;
- 27:50 : les trois types de sixte augmentée (italienne , française, allemande).

15 commentaire(s)

Par Daniel , écrit le 18/03/2018 à 12h06
Bonjour,
Merci pour toutes vos vidéos, pleines d'enseignements et parfois de surprises.
En parlant de surprise, justement il me semble reconnaître dans la version enharmonique de l'accord de sixte augmentée allemande, ce que je connaissais sous le terme de substitution tritonique.
Soit l'accord de LAb7 en lieu et place du dominant Ré7 pour aller à Sol, accord qui, en tant que subV, s'utilise habituellement (en improvisation) avec la note ré (rejoignant alors la sixte augmentée française), soit, le temps de cet accord, un mode comprenant quarte augmentée et septième mineure (gamme de Bartok) : lab sib do ré mib fa solb.
Et donc une transition passant par Mib mineur (avec utilisation du DO bécarre du mineur mélodique) pour aller à Sol, surprenant en partant de Do mineur !
Mais en le voyant sous cet angle, cette sixte augmentée n'est alors plus cantonné au mineur car on la retrouve fréquemment (dans le jazz) en Majeur également (sous forme de SubV) et l'enharmonie lui permet de résoudre à la fois sur Sol (comme dans l'exemple) mais également sur Réb.

Qu'en pensez-vous ?

Par Sylmoli, écrit le 02/08/2017 à 21h23
Bonjour,
Le fait de considérer que la sixte française est une altération d'un accord de sous-dominante dans un cas (IIm7(b5) ) ou bien du V de V dans l'autre cas va -t-il changer la fonction de l'accord de 6te augmentée?
-1 sous dominante?
-2 dominante?

Par pasnarof, écrit le 26/03/2017 à 17h38
Bonjour, Dans une partition de Carissimi (Vittoria,Vittoria! pour chant et piano en DO Majeur) je trouve, à la mesure 5 un accord sib-re-fa-la que j'analyse, sauf erreur, comme un VII dont la fondamentale est altérée. Si je ne suis pas trompé, comment chiffrer cette altération sachant que la basse ne figure jamais dans le chiffrage ? S'il s'agit plutôt d'un accord II avec note de passage à la basse est-ce que le chiffrage 5 avec b7 en dessous est correct ?
Par Jean-Louis Fabre, écrit le 26/03/2017 à 17h50
Bonjour,
il m'est trop difficile de me prononcer sur le sujet sans voir la partition. Par ailleurs, en effet, la basse ne porte pas de chiffrage, mais les intervalles qu'elle porte. Pourriez-vous me scanner par exemple le texte?
Bien cordialement
Jean-Louis Fabre
Par Jean-Louis Fabre, écrit le 18/04/2017 à 09h37
Bonjour,
mille excuses de répondre si tard, le temps est passé, et les occupations n'ont pas manqué.
J'ai regardé le texte, et j'avoue être très étonné de cette écriture. J'irais jusqu'à soupçonner l'édition moderne d'avoir commis quelque erreur dans ce passage.
On a ici très clairement l’enchaînement sous-dominante, dominante, puis tonique, sib do fa, en fa majeur bien sûr,la chose la plus classique et naturelle d'un point de vue tonal qui soit. On est bien en fa majeur à partir du troisième "vittoria". Autrement dit le sib de la basse n'est en rien une altération, il figure bien au troisième temps de la mesure précédente.
La chose qui me surprend est l'accord sur ce sib: sib ré fa la. Cet accord ne peut que se chiffrer 7, pour répondre à votre question, mais je le trouve surprenant. Cet accord est courant par ailleurs, souvent par exemple en ré mineur, où il se résout sur l'accord sib ré mi sol avant d'aller sur l'accord de dominante de ré mineur. On le trouve dans ce contexte chez Monteverdi.
Quoiqu'il en soit, sur le troisième temps de cette mesure, il y a bien l'accord de sib à l'état fondamental, précédant l'accord de dominante lui aussi à l'état fondamental, puis la cadence parfaite.
Mais le chiffrage est très clair, il ne peut être que 7 tout court.
L'altération du sib est toujours sur le texte, même quand la basse continue n'est pas écrite. Carissimi a certainement produit un texte avec la basse seule, pourvue de chiffrage. Il serait intéressant de voir le texte original.
J'espère vous avoir quelque peu répondu.
Bien cordialement
Jean-Louis Fabre
Par pasnarof, écrit le 18/04/2017 à 11h40
Bonjour,
Mille mercis pour la réponse que vous avez bien voulu me donner malgré vos nombreuses occupations et qui m'a parfaitement éclairé.
Cordialement à vous.
Par Thomazinette, écrit le 06/01/2017 à 00h20
Bonjour professeur,

apprenti pianiste, et élève enthousiaste de vos vidéos et ouvrage, je parcourais les morceaux que j'apprends en ce moment au piano, en prêtant une certaine attention pour reconnaître dans les oeuvres les harmonies présentées dans vos leçons. J'ai trouvé deux sixtes augmentées, mais aucune d'entre elles ne se résout tout à fait sur l'octave du degré V, comme dans votre modèle... Manque de chance peut-être ?

Il s'agit du 3ème mouvement de la Sonate 38 de Haydn en Fa majeur, mesures 73-74. On y module en ré mineur, mais l'accord a déjà une disposition un brin différente : au lieu de sib ré ré sol#, il écrit sib ré sol# ré. De ce fait, dur de dire si c'est le sol# ou le ré du soprano qui se résout sur le la ; et en tout cas le sib de la basse ne descend pas sur la mais sur do#...

Le deuxième exemple que j'ai trouvé a tout l'air d'avoir deux sixtes augmentées d'affilée, aux mesures 26-27 et 28-29 de l'impromptu de Schubert en Lab maj, op. 142, n°2. À la mesure 26, l'accord sibb sol bécarre réb fab est un accord de sixte augmentée dans la tonalité de réb mineur (même si à nouveau le sol bécarre n'est pas au soprano). Mais les hampes indiquent que le sol bécarre au lieu de monter sur la dominante la bémol, cède la place à la mélodie du soprano et descend sur réb. Et de son côté, le sibb au lieu de descendre sur la bémol, monte sur fa bémol. On arrive sur l'accord de dominante au premier renversement (comme chez haydn) fab réb lab, mais qui, de plus, est mineur, ce qui est surprenant là où on s'attendrait à rencontrer la dominante... Étonnant cette sixte augmentée qui au lieu de se résoudre sur l'octave, tombe finalement sur une autre sixte fab - réb.
Celle-ci est haussée à la mesure suivante, devient à son tour augmentée fab - ré bécarre, ce qui signifie qu'on module vers la bémol mineur. Fab - ré se résout de façon plus conventionnelle : la basse descend sur mib (le ré bécarre c'est plus dur à dire en regardant les hampes), on arrive enfin sur l'octave mib - mib, avec une quarte et sixte au milieu, mais qui cette fois trompe l'attente en étant majeure au lieu de mineure. On revient donc à la tonalité de départ de l'oeuvre, après ces quelques mesures pour le moins mouvementées !!!

Ma question, après tout ce scrutement des passages que j'ai trouvés, c'est tout simplement : pour mon herbier à exemples, serais-je tombé par hasard sur des sixtes augmentées ayant pris des libertés particulières avec le modèle que vous avez présenté, ou bien est-ce finalement monnaie courante de s'offrir l'un ou l'autre écart dans l'utilisation de cette harmonie ?

Encore merci pour vos précieux enseignements!
Bonne continuation, il me tarde d'apprendre la sortie du prochain ouvrage.
Par apprenti sorcier, écrit le 26/06/2016 à 22h31
merci de m'avoir repris pour la gamme de ré dièse, c'est vrai que l'on a pas sol mais fa## à la tierce, il est vrai que c'est la première fois que j'examine cette gamme peu courante et me basant sur l'écoute et le jeu piano, je me suis fait piéger.
Merci encore!
Par apprenti sorcier, écrit le 11/06/2016 à 18h28
et comment se chiffre cet accord de sixte augmentée 5 ##6 pour l'allemande (mi sol# si do##)?et sol# est la nouvelle tonique qui va descendre vers la sensible donc sol d'où la résolution ré# sol ré#

merci pour cette video très intéressante sur le plan musical et de la construction mais pourquoi avoir inventé ce concept de sixte augmentée qui certes est d'une grande logique
mais ne pouvait on pas partir simplement de la septième de dominante privée de sa quinte
et dire qu'en abaissant la note du bas d'un demi ton et inversement la note du haut on se retrouvait dans une nouvelle tonalité (la tonique étant la tierce du précédent accord) avec pour basse et octave le degré V de la nouvelle tonalité.Je reconnais néanmoins qu'au niveau du chiffrage il y aurait quelque difficulté.Quand cette notion de sixte augmentée a t elle été évoquée : par Rameau?
Merci encore pour ces généreuses réponses
Par Jean-Louis Fabre, écrit le 26/06/2016 à 20h01
Bonjour,
oui l'accord de sixte augmentée dite allemande (mi, sol#, si, do double dièse) se chiffre bien 5 et double dièse 6, ceci tout simplement parce que tout accord mi sol si do, quelles qu'en soient les altérations est chiffré 5 6 (à la verticale), les altérations n'étant que le report sur les chiffres des altérations accidentelles du texte.
Attention , vous dites sol à la place de fa double dièse, il s'agit une très grosse erreur. La note qui précède sol est fa, et en aucun cas sol, en vertu du fait que l'on ne se précède pas soi-même. Cela reviendrait à dire que la sensible de ré est réb, ou pire encore, que la sensible de la gamme de do est dob...
Beaucoup de choses ont été dites sur ces accords de sixte augmentée. En général, mon propos est d'appeler un chat un chat, comme j'aime parfois à le répéter, et ne jamais me lancer dans "l'interprétatif", cause de beaucoup de confusion. On trouve déjà des sixtes augmentées au XVIème siècle, certes rares. Elles sont omniprésentes dans toutes l'écriture tonale (Bach, Mozart, etc...). Je comprends mal votre propos, pardonnez-moi. J'y reviendrai par la suite.
J'ai évoqué, disons-le , dans l'ouvrage qui vient de paraître la sixte augmentée en tant qu'intervalle, et non en tant qu'accord. Il me semble très important en effet de s'attacher dans un premier temps à l'intervalle avant d'observer l'accord.J'avoue humblement ne pas savoir qui a analysé cet accord la première fois, Son emploi a toujours été très courant et très évident. De multiples interprétations, notamment au XIXème siècle l'ont rendu parfois confus. Sachez qu'il n'y a pas d'"invention de concept" de sixte augmentée, la sixte augmentée est une réalité.
J'y reviendrai ultérieurement
Encore merci de votre attention
Bien cordialement
Jean-Louis Fabre

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